12. Le Compromis de 1850

De grands bouleversement politiques marquèrent les années 1848 à 1850 en Europe et aux États-Unis.

Klemens von Metternich, chancelier d’Autriche et architecte du Congrès de Vienne

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, représentant de la France au Congrès de Vienne

Après la chute de Napoléon, les puissances victorieuses avaient tenté de restaurer un ordre stable au Congrès de Vienne (1814-1815). Sous l’œil vigilant de Metternich, chancelier d’Autriche, et grâce à l’habileté diplomatique de Talleyrand — le fameux « diable boiteux » — un nouvel équilibre fut tracé. Le Congrès de Vienne ne fut pas seulement une rencontre de chanceliers et de rois ; il fut aussi une table dressée par les meilleurs cuisiniers de France, où Talleyrand servit ses arguments avec autant d’élégance que ses repas. Mais cet édifice, censé garantir la paix et la stabilité, se fissura en quelques décennies.

Moins de trente ans plus tard, l’Europe fut de nouveau secouée : le Printemps des peuples fit voler en éclats l’équilibre voulu à Vienne.

En janvier 1848, les Siciliens se révoltèrent contre le régime des Bourbons. En février, une révolution éclata en France : la monarchie de Louis-Philippe fut abolie, Lamartine proclama la Deuxième République et, quelques années plus tard, le neveu de Napoléon Bonaparte prit le pouvoir sous le nom de Napoléon III. À Vienne, l’empereur Ferdinand Ier dut abdiquer au profit de François-Joseph. Les Hongrois, les Allemands, les Italiens avec Garibaldi, puis les Tchèques à Prague, tous se soulevèrent à leur tour. Même l’Irlande, écrasée par la Grande Famine, connut une rébellion en juillet 1848.

Ces bouleversements poussèrent un grand nombre d’Européens à émigrer vers les États-Unis, où les tensions n’étaient pas moindres. La fin de la guerre contre le Mexique ne calma pas les esprits : une crise de 27 ans s’annonçait. La question cruciale était de savoir si les territoires nouvellement acquis accueilleraient ou non l’esclavage, au risque de rompre l’équilibre entre États libres et esclavagistes au Congrès.

L’admission de la Californie, le 9 septembre 1849, ne fit qu’attiser la discorde. Ce fut le prélude direct à la crise de 1850, puis, dix ans plus tard, à la sécession de la Caroline du Sud et à l’effet domino sur les autres États sudistes.e et accélère le mouvement qui conduira dix ans plus tard à la sécession de la Caroline du sud et à son effet d’entraînement sur plusieurs états sudistes.