Dans le premier paragraphe de son unique oeuvre, le « Père de l’Histoire », Hérodote, écrit:
« Hérodote d’Halicarnasse présente ici les résultats de son Enquête afin que le temps n’abolisse pas le souvenir des actions des hommes et que les grands exploits accomplis soit par les Grecs, soit par les Barbares, ne tombent pas dans l’oubli ; il donne aussi la raison du conflit qui mit ces deux peuples aux prises. »
On avance plusieurs causes, dont évidemment l’esclavage, pour expliquer cette guerre. La fédération américaine, pourtant tributaire de continuels compromis entre le Sud et le Nord, ne put trouver de compromis sur le sort de l’esclavage dans les immenses territoires acquis par la fédération lors l’achat de la Louisiane et la conquête de territoires mexicains à la suite de sa guerre victorieuse contre le Mexique. Mais il ne fait aucun doute que ce qui a amené la Guerre de Sécession, c’est l’esclavage.
La Cause Perdue (The Lost Cause), un mouvement très productif formé de Sudistes déçus et volontairement trompeurs, dont des historiens, a prétendu expliquer la rébellion de plusieurs façons, sauf l’esclavage! Par exemple, les états esclavagistes du Sud affirmaient le droit fondamental de chaque état de se retirer de la fédération américaine en cas de désaccord avec le gouvernement fédéral ou s’ils estiment ne pas être traités équitablement par le gouvernement fédéral ou les autres états de la fédération. Ou encore, le droit fondamental de désavouer les lois fédérales auxquelles ils s’opposaient comme nous le verrons dans l’étape de la nullification.

Ce mouvement offrait une vue sentimentale et romantique du Sud et de l’esclavage et tint le haut du pavé jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. On en ressent les effets jusqu’à nos jours, notamment à l’occasion des débats sur les monuments aux « héros » de la Confédération. Le premier livre sur le sujet s’appelait d’ailleurs The Lost Cause, A New History of the War of the Confederates publié dès 1866 par Edward D. Pollard, le rédacteur en chef du journal The Richmond Examiner! On a dit qu’ayant perdu la guerre, les Confédérés avaient ainsi gagné la paix. Le roman Autant en emporte le vent comme le film qui en a été tiré en est un bel exemple. Nous reviendrons sur ce mouvement et comment il influence encore la politique américaine.
En plus du principe voulant que la sécession et non l’esclavagisme avait causé la guerre, citons en quelques autres principes:
- Le Sud n’a pas commencé la guerre;
- L’esclavage n’avait rien voir avec cette guerre ;
- Les esclaves étaient bien traités par leur maitre et lui demeuraient fidèles et loyaux;
- Le Nord a gagné en raison de son industrie, de sa main-d’oeuvre et à sa volonté de sacrifier la vie de ses soldats alors que les soldats sudistes étaient tous héroïques et les femmes du Sud toutes honorables.
Au nombre de quinze en 1860, les États esclavagistes étaient: la Virginie, les deux Carolines, la Géorgie, la Floride, l’Alabama, le Mississippi, la Louisiane, l’Arkansas, le Texas, le Tennessee, le Missouri, le Kentucky, le Maryland et le Delaware. Comme nous l’avons, tous ne se joignirent pas aux États confédérés d’Amérique, le Maryland et le Delaware ayant voté pour le maintien du lien avec l’Union et le Kentucky et le Missouri ayant déclaré leur neutralité.
Les États libres, au nombre de dix-huit, se composaient de la Californie, l’Orégon, l’Iowa, le Minnesota, l’Illinois, le Wisconsin, l’Indiana, le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie, l’état de New-York, le New Jersey, le Connecticut, le Rhode Island, le Massachusetts, le New Hampshire, le Maine et le Vermont
Entre le premier janvier 1860 et la fin de la guerre, le Congrès américain approuva la demande du Kansas, de la Virginie occidentale et du Nevada d’adhésion à la fédération. Il s’agissait évidemment de trois nouveaux États où l’esclavage était interdit.
Ce récit représente ma compréhension des raisons qui ont conduit à cette guerre fratricide.