Devenu indépendant en 1821, le Mexique se dota d’une constitution de type fédéral même si les États composants le pays jouissaient de pouvoirs étendus comme ils le sont dans une confédération. Le Texas constitua alors une partie importante de l’état de Coahuila y Tejas dont le territoire confinait à la Louisiane, état américain depuis 1812.
Le Mexique devint une destination attrayante pour les colons américains à la recherche de nouvelles opportunités et le Mexique s’est bien gardé de nuire à cette immigration au Texas afin de contribuer au développement de la région.
Les Américains provenaient surtout du sud des États-Unis et emportaient avec eux leur langue, leur religion et leurs traditions, notamment l’esclavage. Dans un pays officiellement catholique et où l’esclavage était interdit depuis 1828, la loi du 6 avril 1830 interdisant toute immigration provenant des États-Unis exaspéra ces tensions.
Au mois de juin 1832, un affrontement armé opposa les colons texans et les soldats mexicains. Peu de preuve documentaire nous éclaire sur le nombre de victimes mais on estime que ces escarmouche, qui tournèrent à l’avantage des Mexicains, firent une vingtaine de victimes.
Les colons américains tentèrent alors de trouver une solution pacifique. Ils se rassemblèrent dans le petit village de San Felipe de Austin du 1er au 6 octobre 1832 pour exprimer leurs doléances et leurs préoccupations au gouvernement mexicain au moyen d’une pétition qui demandait des réformes politiques.
La convention produisit une série de résolutions décrivant les demandes et les griefs des colons. Mais ces résolutions demandaient des réformes qui allaient au-delà de ce que le gouvernement mexicain était prêt à accorder à l’époque. Par exemple, les colons réclamaient un statut politique distinct pour le Texas, une politique d’immigration plus libérale, notamment la levée de l’interdiction d’immigration venant des États-Unis et la légalisation de l’esclavage au Texas. Le refus du gouvernement mexicain d’accéder à ces demandes accrût évidemment la tension qui atteint son paroxysme.
Les colons américains se réunirent une fois de plus à San Felipe de Austin au mois d’avril 1833 dans le but d’écrire une constitution d’un état du Texas dans la fédération mexicaine. La convention se termina abruptement par l’adoption d’un décret du gouvernement mexicain exigeant que la convention se saborde.
Le deux mars 1836, les délégués texans votèrent la création de la république du Texas. S’ensuivit une guerre qui se termina par la victoire des forces texanes, dirigées par le général Sam Houston à la bataille de San Jacinto près de la ville actuelle de Houston le 21 avril 1836. Les troupes mexicaines sont menées par le général Santa Anna, personnage haut-en-couleur qui fut onze fois président du Mexique! Capturé durant la bataille, il tenta de s’enfuir à la faveur d’un déguisement. Reconnu, il fut arrêté et on le forçat à signer deux traités, un public et un secret, qui reconnaissaient l’indépendance du Texas. Le traité public précisait que les troupes mexicaines évacueraient » le territoire du Texas en passant de l’autre côté du Rio Grande del Norte », le Rio Grande d’aujourd’hui, Le dernier article du traité secret imposait à Santa Anna l’obligation d’amener le gouvernement du Mexique à signer un traité de commerce avec le Texas, étant entendu que le territoire du Texas ne « s’étendra pas au delà du Rio Grande del Norte.
Le gouvernement du Mexique ne ratifia aucun de ces traités puisqu’il ne reconnaissait pas l’indépendance du Texas. Historiquement, un autre cours d’eau le Rio Nueces, marquait la frontière entre les états mexicains de Coahuila y Tejas (Texas) et de Tamaulipas.
L’absence d’un traité de paix entre les belligérants signifie aussi l’absence d’entente sur le territoire de la nouvelle république. Esclavage et délimitation de territoire, deux sujets fascinants pour notre prochaine section sur l’annexion du Texas par les États-Unis! La république du Texas vivota jusqu’à l’annexion.
Rappelons que c’est durant ce conflit qu’eut lieu la prise de la mission Alamo qui tomba aux mains des Mexicains de Santa Anna après un siège qui dura du 23 février jusqu’au 6 mars et se termina par la mort de tous les soldats texans, y compris ceux qui s’étaient rendus à l’ennemi. Cette victoire mexicaine fut un coup dur pour les forces texanes. « Remember the Alamo » devint toutefois un cri de ralliement pour les forces texanes qui honoraient ainsi ceux qui étaient morts en défendant Alamo et incitaient d’autres Texans à poursuivre la lutte pour l’indépendance.