La Louisiane avant 1803

Des explorateurs ou conquistadors espagnols explorèrent la Louisiane dès le début du 16e siècle, comme Ponce de Léon qui explora la Floride dès 1513 à la recherche, selon la croyance populaire, de la mythique fontaine de Jouvence, censée procurer l’immortalité aux personnes qui s’y abreuvaient.  Hernando de Soto entrepris un vaste périple dans le sud-est de l’Amérique découverte par Christophe Colomb, périple qui l’aurait conduit aux berges du Mississipi et dans cette région de l’Amérique à laquelle Robert-René Cavelier de La Salle devait donner le nom de Louisiane en 1682 prenant possession de ce territoire au nom du roi Louis XIV. Il en sera question au chapitre 9.

Les Français y restèrent jusqu’à la fin de la Guerre de Sept ans qui se termina en 1763 par la victoire de l’Angleterre sur la France et l’Espagne.  Les belligérants signèrent alors le traité de Paris, dont l’article 7 concernait la Louisiane :

 Afin de rétablir la paix sur de solides et durables fondations […], il est entendu qu’à l’avenir, les limites entre les possessions de Sa Majesté Britannique et celles de Sa Majesté Chrétienne seront fixées irrévocablement par une ligne tirée au milieu de la rivière Mississipi […] excepté la ville de la Nouvelle-Orléans qui restera à la France […]. La navigation sur la rivière Mississipi sera également libre. »

Voilà la Louisiane séparée en deux, sa partie orientale appartenant à la Couronne britannique et sa partie occidentale appartenant à…l’Espagne!  Car la France, voyant venir la fin de la guerre et à cours d’argent, s’était débarrassée de la Louisiane à la vendant à l’Espagne.  Selon le linguiste Jacques Leclerc, spécialiste de la langue française dans le monde(http://www.axl.cefan.ulaval.ca), la France, soucieuse « de ne pas abandonner l’ensemble de la Louisiane à l’Angleterre », avait cédé la Louisiane à l’Espagne pour une somme de 6 millions de livres par le traité de Fontainebleau, demeuré secret et signé le 3 novembre 1762, quelques mois seulement avant la signature du traité de Paris. Ni la France ni l’Espagne ne voulait de la Louisiane mais cette dernière pouvait servir de tampon entre les possessions britanniques et l’empire espagnol en Amérique, d’où l’intérêt des parties pour cette transaction. Ce qui fait que la partie occidentale de la Louisiane devient espagnole et le demeurera jusqu’en 1800 lorsqu’elle repasse aux mains des Français.

Au tout début du 19e siècle, Napoléon souhaite former un empire colonial français du sucre de cane en réunissant Martinique, Guadeloupe et l’île de Saint-Domingue en plus de faire de la Nouvelle-Orléans le centre névralgique de cet empire. Mais les Haïtiens se battent depuis la Révolution française pour l’indépendance de leur île et qui conduira à la création de la république d’Haïti en 1804. Quant à la Louisiane, elle est espagnole. Qu’à cela ne tienne, Napoléon la reprend aux Espagnols en échange de la création en Italie d’un royaume dépendant de la couronne espagnole, le royaume d’Étrurie. France et Espagne consignent leur engagement dans le traité de Saint-Ildefonso (Tolède) le 1er octobre 1800.