Dans le contexte politique américain, la question de savoir si l’esclavage serait autorisé dans un territoire relèverait uniquement de ses habitants au moment où ils demandent leur admission à l’union.
Voilà la proposition de Lewis Cass, un personnage important de l’histoire américaine. Haut-gradé lors de la guerre américano-britannique de 1812, il occupa le poste d’ambassadeur américain à Paris de 1836 à 1842 et aussi celui de gouverneur du Michigan. Il fut même candidat du parti Démocrate à l’élection présidentielle de 1848, subissant la défaite aux mains du candidat du parti Whig, Zachary Taylor. Le président Buchanan lui confia le poste de Secrétaire d’État de 1857 à 1860. Propriétaire d’esclaves, il affirma néanmoins sa loyauté envers le Nord pendant la guerre de Sécession.
Croyant que les colons dans les nouveaux territoires étaient aussi capables de se gouverner que les habitants des États, Cass proposa de leur laisser le pouvoir de décider eux-mêmes de permettre l’esclavage dans leur territoire. Ce compromis en apparence fort raisonnable et attirant comportait sa part d’ambiguïté, Cass ne se prononçant pas sur le moment où les colons se prononceraient sur la question. Serait-ce avant ou après l’admission dans l’union américaine?
Cass lui-même ne se mouilla pas sur la question, respectant ainsi la tradition du parti Démocrate de ménager la chèvre et le chou sur la question de l’esclavage.
Alors que l’amendement Wilmot perdit de sa pertinence au début des années 1850, la souveraineté populaire se trouva au coeur des débats politiques jusqu’à la guerre de Sécession. Elle sera au coeur des fameux débats contradictoires de 1858 entre Abraham Lincoln et Stephen Douglas que nous examinerons plus tard.