L’amendement Wilmot

Après avoir voté la déclaration de guerre contre le Mexique, les représentants au Congrès adoptèrent au mois d’août 1846 une Loi sur le financement de la guerre.

Au cours des débats sur cette question, un obscur représentant de la Pennsylvanie au Congrès américain, David Wilmot, proposa un amendement stipulant que les sommes seraient accordées à la condition expresse qu l’esclavage ne serait jamais autorisé dans les territoires éventuellement conquis.

Membre du parti Démocrate qui était au pouvoir, Wilmot avec plusieurs de ses collègues formait un groupe radical appelé les « Barnburners » (brûleurs de grange ») qui s’inquiétaient de l’expansion de l’esclavage dans les territoires éventuellement acquis à la suite de la guerre et craignaient qu’une telle expansion de l’esclavage dans les nouveaux territoire n’exacerbe les tensions entre le Nord et le Sud. Parmi les têtes dirigeantes de ce groupe, on trouvait l’ancien président américain, Martin Van Buren, (1834-1838).

Adopté par la Chambre des Représentants, cet amendement fut rejeté par le Sénat qui approuva le financement de la guerre et rejeta l’amendement en février 1847.

Mais l’amendement manifestait la scission naissante entre les faction nordiste et sudiste du parti Démocrate sur la question de l’esclavage et de son expansion. Cette scission contribuera fortement à l’élection d’Abraham Lincoln en 1860.

L’amendement a joué un rôle clé dans l’orientation des débats sur l’expansion de l’esclavage même s’il a fini par perdre de son importance lorsque survinrent d’autres débats dans les années 1850, comme le Compromis de 1850, la Loi sur le Kansas et le Nebraska et la création du Parti républicain en 1854 qui promettait de ne pas toucher à l’esclavage dans les états où il était pratiqué mais de l’interdire dans le reste du pays.