Pour ce qui est du Grand Compromis, il s’appliquait bien sûr aux treize états originaux mais rien dans la constitution ne prévoyait ce qui arriverait aux nouveaux états. Rappelons-nous cependant qu’en adoptant l’Ordonnance du Nord-Ouest le 13 juillet 1787, le Congrès continental, c’est-à-dire le gouvernement des États-Unis de l’époque, avait expressément interdit l’esclavage dans ces nouveaux territoires. Dans la section sur le Compromis du Missouri, nous avons vu comment le gouvernement fédéral avait accepté que l’esclavage soit permis dans le nouvel état.
Sans vraiment se poser la question, tous les États esclavagistes ont reconnu au gouvernement fédéral une certaine compétence sur l’expansion ou non de esclavage dans les nouveaux territoires même s’ils ont toujours prétendu que ce pouvoir empiétait sur le droit des états de légaliser l’esclavage. Et on prit l’habitude de n’accepter les états qu’en nombre pair, répartis également entre états esclavagistes et états libres.
Comme nous le verrons, ce compromis fut mis à rude épreuve par l’admission de la Californie dont la moitié du territoire est séparé en deux parties par le 36e parallèle, cette ligne imaginaire adoptée lors du Compromis du Missouri pour créer un monde esclavagiste au sud du parallèle et libre au nord du parallèle.