L’expansion de leur territoire jusqu’à l’océan Pacifique faisait partielle l’ADN des Américains. Dès 1780, avant l’indépendance du pays, Jefferson Davis écrivait à un ami que « nous formerons pour l’union américaine une barrière contre l’extension dangereuse de la province britannique du Canada et ajouterons à l’empire de la liberté un pays étendu et fertile, convertissant ainsi de dangereux ennemis en amis précieux. » Cette barrière devait s’étendre jusqu’au Pacifique.
Plusieurs Américains étaient convaincus que leur pays avait reçu de Dieu lui-même la mission de mener le monde vers la démocratie. C’était là sa destinée manifeste! Le journaliste populaire new-yorkais John Louis O’Sullivan en 1845 a créé cette expression en 1845 à l’occasion de l’annexion du Texas par les États-Unis. Quelle était cette destinée? Rien de moins que d’étendre le territoire américain et sa démocratie partout en Amérique du Nord, d’un océan à l’autre. Ce qui comprend évidemment le Canada!
Heureusement, des gens comme Henry Clay, John Quincy Adams et Abraham Lincoln ont critiqué cette doctrine expansionniste aux implications morales et pratiques pour le moins douteuses.
Il demeure que, destinée manifeste ou pas, la population américaine à l’ouest des Appalaches de 1815 à 1850 s’accrut trois fois plus rapidement que les treize états originaux (James McPherson).
On attribue d’ailleurs la phrase « Go west, young man » à un journaliste de renom, connu aussi pour sa facilité à se faire des ennemis, Horace Greely. Dans les années 1840, une sérieuse crise économique ravageait les États-Unis et Greely se serait permis ce conseil pour aider les plus affectés par la crise à chercher vers l’ouest du pays la solution à leurs problèmes financiers.
Déjà, comme nous l’avons vu précédemment, l’achat de la Louisiane en 1803 augmentait du double la superficie des États-Unis pour s’étendre jusqu’aux Montages Rocheuses.
Au-delà de ces montagnes et jusqu’à l’océan Pacifique, l’Espagne avait colonisé un territoire occupé aujourd’hui par le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona, la Californie, le Nevada , l’Utah et une partie du Colorado et du Wyoming.
Au nord de ce territoire se trouvait le Nord-Ouest Pacifique, connu des explorateurs européens depuis le début du 16ième siècle. Il s’étendait de la frontière actuelle de la Californie et de l’Orégon, le 42° parallèle Nord jusqu’à la frontière sud de l’Alaska, le 54°50′ parallèle , un espace qu’occupent sensiblement aujourd’hui les états américains de Washington, de l’Orégon et de l’Idaho, une partie importante de la Colombie-Britannique ainsi que des parties de la Californie, de l’Alaska, du Yukon et du Montana. La Compagnie de la Baie d’Hudson y était présente, de même que des colons américains et des nations amérindiennes.
Voyons comment ces deux territoires tombèrent successivement dans le giron américain durant la présidence de James K. Polk à l’occasion de l’indépendance du Texas et de la guerre américano-mexicaine.